Bien dans ses jambes, bien dans sa tête

Si un sport ce pratique avec le corps, il se gagne avec le mental



La préparation mentale est un atout important pour atteindre des performances optimales en compétition. Mais qu'est-ce que la force morale ? En effet ce terme est beaucoup employé dans le monde du sport sans forcément comprendre à quoi cela correspond puisque ce n'est rien de matériel.


◊ L’amélioration mentale permet d’aider l’athlète c’est-à-dire lui donner les moyens d’optimiser sa gestion du stress, mieux affronter les compétitions. Il s'agit pour un sportif de mieux gérer les demandes du sport (compétition, entraînement, mode de vie) que ses adversaires et d'avoir les qualités de confiance en soi, détermination, contrôle de la pression que génère une compétition.
Nous pouvons nous appuyer sur l’explication d’Hervé Le Deuff, préparateur physique et mental (auteur de « Entrainement mental du sportif ») développant sa vision de cet aspect dans un article publié en septembre 2007 sur L’Internaute:
Pour lui, il faut «montrer la voie, accompagner un sportif, l’amener à bien se connaître» et faire trouver au sportif le problème qui mène à une mauvaise performance (cela peut-être un problème personnel).


◊ Ce que permet une préparation mentale (selon Docteur Jean-Jacques Menuet):

→ Gérer le stress, la pression:

Le stress peut venir de la peur de perdre ou même de gagner, de la volonté de ne pas décevoir les proches, l’entraîneur, le public etc.
Nous pouvons distinguer deux types de stress:
Le stress nuisible est causé par une mauvaise sécrétion d’adrénaline au niveau des fibres sympathiques.

 
      • Zoom sur le système nerveux sympathique:
Il comprend une série de fibres nerveuses provenant de la moelle épinière entre la première vertèbre thoracique et la seconde vertèbre lombaire.

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Puis ces fibres rejoignent à nouveau un long faisceau de fibre qui se situe de chaque côté de la moelle épinière, que l’on appelle la chaîne sympathique latéro-vertébrale. Le long de cette chaîne se trouve des ganglions (c'est-à-dire des fibres nerveuses contenues dans de larges sacs). Les fibres nerveuses naissent de ces ganglions pour ensuite traverser les tissus de l’organisme. Les nerfs sympathiques contrôlent la contraction des fibres musculaires lisses involontaires, des viscères (terme désignant le contenu de l’abdomen) et des vaisseaux sanguins. Ce système est notamment associé à l’adrénaline: un des nombreux neurotransmetteurs présents dans le cerveau qui émet une décharge nerveuse lors d’un stress.


Le système nerveux sympathique constitue le système nerveux autonome (qui est responsable des fonctions automatiques de l’organisme comme la digestion ou la transpiration) avec le système nerveux parasympathique.
Ces deux systèmes sont en quelques sortes les opposés l’un de l’autre puisque l’activation du système nerveux sympathique prépare l’organisme à l’activité tandis que le parasympathique ralenti les fonctions de l’organisme. Alors le rythme cardiaque et l’activité respiratoire sont ralentis et la tension artérielle diminuée contrairement au système nerveux sympathique qui lui, dilatera les pupilles et les bronches, augmentera la traspiration en plus d’accélerer l’activité cardiaque et respiratoire et diminuer la digestion.

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Nous voyons alors l’action du mauvais stress, mais il y a également le « bon stress ». Celui-ci est activé par la sécrétion d’adrénaline qui se fera par la glande médullosurrénale (la glande surrénale située au dessus du rein est divisée en deux, l’autre partie est la corticosurrénale). Lorsqu’il y a une bonne sécrétion d’adrénaline, la glycogénolyse est favorisée donc le glucose est mieux libéré.
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l a été démontré que lorsque le sportif se prépare mentalement avant l’effort (c'est-à-dire qu’il se concentre, tente de visualiser sa performance), il peut mettre en place son statut hormonal (notamment favoriser la glycogénolyse).

→ Gérer la souffrance causée par la douleur
→ 
Oublier lors des compétitions et des entraînements les soucis d’ordre privé par exemple
→ Améliorer les troubles du sommeil:
Un sportif a besoin d’avoir un corps reposé pour en tirer les bénéfices mais parfois les compétitions perturbent son sommeil à cause de longs déplacements, des décalages horaires, des tensions avant ou après la performance… Ou encore, les troubles peuvent être causés par la discipline en elle-même comme pour un tour du monde à la voile.

    • Étude des skippers où la préparation mentale et l'analyse du temps de sommeil permet de repousser leurs limites (d’après un reportage visionné le 08/11/2012) lors du Journal Télévisé de 20 heures sur TF1):
Lorsque le sportif s’apprête à passer trois mois en mer, il doit savoir comment vaincre le stress et le sommeil. C’est pourquoi des médecins travaillent depuis dix ans sur cette question. Le reportage nous le montre, ils utilisent des données captées par des électrodes permettant aux médecins d’analyser les différentes phases de sommeil du sportif, ainsi que des enregistrements de sommeil des skippers. Ils peuvent alors connaître l’horloge biologique d’un skipper et à quel moment le sommeil est le plus bénéfique et récupérateur même si il ne dort que dix minutes. Il pourra donc dormir en moyenne que trois à quatre heures chaque jours puisque dès qu’il s’endormira il sera en sommeil long profond, comme le dit Docteur DUFOREZ dans le reportage.

Corriger ou mémoriser des gestes techniques, favoriser la concentration, la visualisation…:
Le préparateur mental accompagne l’entraîneur ou peut être présent lors des analyses des enregistrements vidéo. Il peut aider aussi le sportif à mémoriser un parcours d’obstacles en équitation, un parcours en VTT, une descente de slalom en ski, un service-volé au tennis etc.

→ Gérer une blessure et utiliser la période de convalescence pour progresser mentalement

→ Ne pas négliger la récupération après l’effort

→ 
Gérer les périodes de baisse de motivation, de déception face à des résultats qui ne sont pas ceux que le sportif c’était fixé


Il existe de nombreuses façons de répondre à toutes ces demandes, il est impossible de toutes les citées et les explicitées. De plus la préparation mentale dépend de la personne, de la discipline, des objectifs et des problèmes rencontrés par le sportif. Cependant nous pouvons vous donner un exemple:

• Le training autogène de Schultz:
Cette technique d’auto relaxation est inventée par le médecin psychiatre allemand Johannes Heinrich Schultz et permet de vaincre le stress en toute simplicité. C’est une méthode personnelle que les sportifs pourront utilisés pour réduire les angoisses et les tensions de toutes sortes. L’exercice est d’abord enseigné par un thérapeute expérimenté et il pourra être repris plusieurs fois par jour par le sportif étant donné qu’il ne dure que quelques minutes.
Dans une ambiance calme, assis ou couché, la personne pourra alors commencer:
→Tout d’abord, il faut se concentrer sur la pesanteur, imaginer ses membres lourds et son corps attiré vers le centre de la Terre.
→Puis, toujours de manière progressive (de membres en membres pour terminer sur tout le corps) imaginer son corps chauffé, par les rayons du soleil par exemple.
→Etre attentif  ensuite à sa respiration, se laisser porter.
→De la même façon, sentir son cœur battre calmement, et régulièrement.
L’exercice n’est pas seulement pratiqué par des sportifs, tout le monde peut se prêter au jeu, à chacun de croire aux biens faits de ce training autogène ou non.

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