L'aspect génétique

Une performance d’un athlète n’est pas seulement liée à sa pratique rigoureuse de l’entraînement. Le facteur de la génétique rentre également en compte.

◊ Nous ne possédons pas tous autant de fibres de type I ou II à la naissance:

Comme nous l’avons vu précédemment, l’entrainement permet de développer la masse musculaire, soit pour favoriser les fibres lentes, soit pour accroitre les fibres rapides. Mais certains ont déjà 90% de fibres rapides dans les jambes, les sprinteurs. En revanche les marathoniens par exemple vont naître avec 80% de fibres lentes. Mais il faut savoir qu’il est plus facile de convertir les fibres rapides en lentes. Alors on peut devenir un athlète endurant mais on naît sprinter.

  L’ACTN3:

◊ L’ACTN3 est un gène possédé par tous, situé sur le chromosome 11. Il a pour fonction de coder la synthèse d’une protéine l’alpha-actinine-3 intervenant dans la contraction des muscles de type II puisqu’elle se situe dans le matériel support des fibres d’actine.
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Mais bien-sûr la diversité génétique a permit des variantes de ce gène grâce à une mutation connue sous le nom de R577X. Etant donné que chaque personne possède un gène de ses parents, alors chaque personne possède deux copies du gène ACTN3, c’est pourquoi cela provoquera trois combinaisons possibles, associées à des types de performances différentes.

- Type XX:

La mutation se trouve sur les deux copies du gène. Le 577ème codon de la chaîne peptidique sera alors remplacé par un codon stop. Le phénotype moléculaire étant génétiquement modifié, cela entraînera une fabrication différente de la protéine qui aura des conséquences sur son efficacité. Les Hommes possédant ces gènes auront des facilités dans les épreuves d’endurances.

- Type RR:

Aucune mutation n’a été transmise, l’ACTN3 est bien présente sur les deux copies du gène. Le 577ème codon ne sera donc pas un codon stop et la protéine pourra alors être fabriquée entièrement et remplir son rôle qui est de favoriser la contraction des fibres rapides. Cette combinaison offre une prédisposition pour les épreuves de vitesse.

- Type RX:

La mutation n’est présente que sur une seule des deux copies du gène. Alors une protéine sur deux sera bien fabriquée. Cette combinaison permet une synthèse équivalente dans les fibres endurantes et rapides. Les personnes ayant ces gènes sont donc favorisées tant en endurance qu’en vitesse.

Cette étude a été menée par L’institut du Sport Australien

◊ D’après un article publié dans Le Figaro, les chercheurs et  notamment Kathryn North, de l’université de Sydney, démontrent bien cela et prouve que 18% des européens ne possèdent pas la protéine alpha-actinine-3. En continuant leurs études avec des athlètes de leurs pays, ils découvrent que les meilleures sprinteuses et tous les hommes pratiquant un sport nécessitant un effort intense possèdent ce gène. Kathryn North affirme également que les populations d’origine africaines ne connaissent guère cette mutation de l’ACTN3. Alors elles présentent facilement la variante du gène RR et sont prédisposées à des activités de vitesse.

◊ La biologie sportive n’est cependant pas un domaine où tout est clair aujourd’hui. Le Monde développe ce sujet dans un article publié en août 2012 après la victoire du champion olympique Renaud Lavillenie, qui n’avait pas un patrimoine génétique prédestiné à sauter à la perche 6m, pourtant il a réussit du haut de ces 1m77. Les scientifiques profitent de ces rencontres sportives internationales comme les Jeux de Rome en 1960 ou de Montréal en 1976 pour se pencher sur les sportifs de différentes nationalités et disciplines pour tenter de faire des relations entre le génotype, le phénotype et la performance. Cependant ces études sont mieux expliquées après le Projet Génome Humain en 2003, et grâce à la baisse des coûts des analyses génétiques. Les chercheurs ont pu associés la performance physique avec environ 200 gènes qui agiraient sur l’expression de la vitesse et de l’endurance. Une minorité de la population mondiale possède la plupart de ces gènes, il serait même difficilement possible (une chance sur un million selon la revue Sport Medecine) qu’un être humain possède le génotype du sportif parfait.