La bigorexie

◊ La bigorexie est une maladie reconnue par l’OMS (=Organisation Mondiale de la Santé). C’est une addiction au sport, c'est-à-dire  un besoin irrépressible et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques. Contrairement à ce que l’on pourrait penser la maladie n’atteint pas seulement des sportifs de haut niveau mais aussi des sportifs amateurs. Ces «accros» aux sports ont le plus souvent la particularité d’être perfectionniste. 15% des personnes pratiquant plus d’une heure de sport par jour peuvent être touchées par la maladie. La personne atteinte de cette addiction ne pourra donc plus se passer de son activité physique dans la journée ou se sentira mal si elle ne peut l’effectuer.

 

◊ Les symptômes de la maladie :

D. M. Veal  publie un article dans

International Journal of Sports and Medecine en 1991 dans lequel il cite les critères de la dépendance à l’exercice :

→ L’activité ne varie pas souvent, l’exercice physique pratiqué est souvent le même et est pratiqué au minimum une fois par jour.

→ La pratique physique qui passe avant touts autres loisirs.

→ Lorsque que l’arrêt de l’activité est provoqué, le mal-être gagne le sportif, ce sont les symptômes de sevrage (symptômes provoqués par l’arrêt).

→ Les symptômes de sevrage sont atténués ou disparaissent lorsque l’exercice reprend.

→ En cas de maladie, blessures graves ou prolongées, le sportif persiste à pratiquer son activité physique et néglige totalement les conseils des entraîneurs et des médecins.

→ L’activité sportive prend une place trop importante et entraîne des conflits avec les familles, les amis, l’employeur etc.

→ La personne n’hésite pas à faire des sacrifices pour améliorer ses performances comme réaliser un régime alimentaire.

Si un sportif possède alors trois de ces critères observables sur une période minimum d’un an, il est atteint de la maladie. La médecine s’appuie donc sur ces symptômes pour diagnostiquer cette addiction.

◊ Cette addiction possède les mêmes caractéristiques que les drogues, puisque ce sont des réactions qui se font dans le cerveau. L’activité physique procure une sensation de plaisir notamment par la sécrétion de dopamines et d’endorphines.

→ La dopamine est un neurotransmetteur. Le cerveau ne possède que très peu de neurones contrôlant le plaisir. Lorsque les neurones sont excités, ils vont libérer la dopamine dans la zone synaptique pour que le neurotransmetteur rencontre l’autre neurone, cela provoquera la sensation de plaisir.

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Le cerveau mémorise cette libération de dopamine pour que l’action soit plus facilement répétée, c’est le mécanisme de renforcement positif. Mais c’est à cause de ce mécanisme que le sportif voudra recommencer l’action et rechercher la sensation de bien-être à nouveau.


→ L’endorphine est également responsable de la plénitude du sportif. Elle est libérée pendant et après l’effort, dans le cerveau et plus particulièrement dans l’hypothalamus et l’hypophyse. De manière simplifiée, l’hypothalamus contrôle le fonctionnement de l’hypophyse qui est une glande endocrine (c'est-à-dire une glande déversant son produit de sécrétion directement dans le sang).

 Ainsi l’endorphine atteindra notamment le sang qui provoquera chez le sportif des effets anxiolytiques (propriété d’apaiser l’anxiété) et antalgiques (propriété de calmer ou diminuer une douleur). L’endorphine permettra alors au sportif d’être moins sensible aux douleurs musculaires. Ces effets sont observables à partir de 30 minutes d’activité physique.

De la même manière que l’action des dopamines et des endorphines d’autres molécules ont un impact sur nos humeurs, nos comportements etc.

◊ La pratique du sport devient alors une obsession, les risques de fractures osseuses, déchirures musculaires, infarctus deviennent élevés. De plus la dépendance peut progresser et devenir incontrôlable. Le corps subira une fatigue générale. Il peut également y avoir une addiction à certains produits, comme les protéines pour une personne culturiste par exemple.

◊ Pour se sortir de cette maladie, le sportif devra tout d’abord prendre conscience de son addiction, chose difficile puisque les sportifs atteints sont souvent dans le déni et auraient tendance à augmenter leurs fréquences d’entraînement de façon à contredire leurs entourages. Puis il est préférable de consulter un psychologue. La pratique de sport ne sera pas stoppée, il faudra cependant diversifier les activités, ne pas y consacrer trop de temps, le pratiquer avec d’autres personnes. Et surtout le sport ne devra pas être une contrainte, une obligation mais un réel plaisir.